Interview Photographe P. Philippe à Rennes - Ille-et-Vilaine


1. Qu'est-ce qui t'a amené à la photographie et plus particulièrement au portrait ?

Quand j'étais en photo-club, je participais à des ateliers pour progresser en techniques photographiques. Un jour, un atelier "portrait" a été organisé avec des modèles. Ce jour-là a été une révélation pour moi.
Bien sûr, il faut maîtriser les éclairages en sachant utiliser les flashs de studio. C'est déjà très intéressant et créatif, mais la révélation m'est apparue autrement. Quand la jeune femme a vu le portrait d'elle que j'avais réalisé, son visage s'est illuminé et ses remerciements m'ont beaucoup touché. Je n'imaginais pas pouvoir faire autant plaisir à quelqu'un juste en faisant une photo. J'ai alors réalisé que le portrait pouvait être un extraordinaire vecteur d'émotions.
Quand je faisais des photos de fleurs ou d'architecture, je n'avais aucun retour des sujets, aucune émotion, aucun échange. C'était de la photo "solitaire". Quand je prends une personne en photo, il y a un vrai échange dans une collaboration artistique, des émotions... Mais avant même de commencer un shooting, il y a déjà beaucoup d'échanges basés sur la confiance et le respect. Quand le shooting est terminé et que je vois le modèle heureux de récupérer ses photos, j'ai beaucoup de satisfaction. En fait, on s'est fait mutuellement plaisir en travaillant ensembles. Je ne connais pas beaucoup de passions avec un relationnel aussi fort.

2. Et à partir de cette expérience, comment es-tu venu au nude-art ?

Un jour, j'ai eu besoin de faire des photos de lingerie et j'ai proposé un shooting à une amie qui avait déjà posé pour moi. Elle a accepté et encore une fois, le shooting m'a fait prendre conscience de l'immense potentiel photographique de l'expression corporelle, aidé en cela par la beauté naturelle de la femme. Cette amie est devenue ma muse et nous avons débuté ensembles la photographie de nu, progressivement. Nous avons expérimenté beaucoup de styles : studio, lumière naturelle, extérieur, etc... J'ai ensuite collaboré avec plusieurs autres modèles qui ont chacune leur particularité. Chaque personne est différente et n'a pas les mêmes envies, ce qui fait que je ne fais pas les mêmes photos selon le modèle. C'est aussi cela qui est intéressant.
Les femmes ont envie de séduire, de se sentir belles à travers le regard du photographe. Les plus pudiques se satisfont de portraits sensuels, glamour, voire sexy. Il y a une large palette sur laquelle on peut jouer, selon les envies du modèle. D'autres veulent aller plus loin en expérimentant le nu voilé ou caché, le nu artistique, le clair-obscur tout en suggestion. D'autres encore préfèrent l'érotisme plus affirmé, voire revendiqué.
C'est à moi de m'adapter, de mettre en lumière leurs envies et de rendre le tout esthétique.

3. Disposes-tu d'un studio ?

J'ai un studio transportable, constitué de plusieurs flashs, boîtes à lumière, fonds et autres accessoires. Ça prend un peu de place mais ça rentre dans la voiture. Le plus souvent, j'installe mon studio chez le modèle, mais il est arrivé de louer un appartement spécialement pour le shooting.
Bien évidemment, pour un shooting en lumière naturelle ou en extérieur, je ne prends pas le même matériel. C'est aussi pour cela que l'on se met d'accord sur les photos à réaliser pendant la phase de préparation.

4. Comment choisis-tu le thème d'un shooting ?

En fait, dans la grande majorité des cas, je laisse le modèle choisir. Ça peut paraitre surprenant, mais j'aime relever les challenges photographiques. C'est en sortant de ma zone de confort que je produis des photos différentes.
Quand un modèle me contacte, elle a souvent une idée précise de ce qu'elle veut. Je l'écoute et on décide ensembles des photos à réaliser. Je lui propose aussi des idées dans le thème qu'elle a choisi.
Bien sûr, je respecte ses limites et n'impose aucunement de photos qui ne lui conviendraient pas.
Le jour du shooting, on essaye de réaliser toutes les photos prévues, sans que l'on s'interdise des éventuelles digressions artistiques si on découvre d'autres possibilités.

5. Ne travailles-tu qu'en collaboration ?

Etant photographe amateur et ne tirant aucun revenu de ma passion, je ne propose pas de rémunération aux modèles.
Je ne demande pas non plus à être rémunéré pour les heures de travail générées par un shooting.
Par contre, j'offre au modèle l'intégralité des photos réalisées, en version numérique, couleur et noir & blanc.

6. Acceptes-tu de collaborer avec des modèles sans expérience ?

Oui.
D'ailleurs, la majorité des modèles avec lesquelles j'ai collaboré n'avait aucune expérience. Ça s'est toujours très bien passé et d'autres shootings ont suivi.

7. As-tu des projets particuliers ?

Jusqu'à présent, j'ai toujours photographié des femmes ou des couples. J'aimerais faire un shooting "Nu masculin" car je pense qu'il est possible de produire de belles images sensuelles, sans être caricatural et pornographique. J'ai beaucoup d'idées sur ce sujet.
Malheureusement, les modèles masculins sont beaucoup moins nombreux que les modèles féminins. Ceux qui acceptent de faire du nu, même caché, sont encore plus rares.
Pour l'instant, je n'ai eu aucune demande et aucun des hommes que j'ai contactés ne m'a répondu.
Mon annonce sur Kabook n'a pas encore été fructueuse, mais je reste optimiste.